mercredi 15 juin 2011

La tyrannie de la domination

Huit Coupes Dunsmore d’affilées, 5 Coupes Vanier, ainsi qu’un ridiculement maigre total de 4 défaites contre des homologues de la LFUQ, voici un portrait succinct des accomplissements du Rouge & Or de l’Université Laval depuis l’entrée du Vert & Or et de la conférence Québec, telle qu’on la connait maintenant (2003).

Ce qu’on aimerait accomplir ici, c’est de démontrer le fardeau de cette domination sur les autres organisations de la Conférence…

Débutons par les Carabins, ceux-ci ont eu deux générations d’entraineurs, celle de J. Dussault et celle de coach Santerre, et dans les deux cas, elles se sont terminées précipitamment. Est-ce qu’un championnat aurait changé quelque chose?? Dans les deux cas, il est permis de croire qu’avec une Dunsmore sur l’étagère du bureau,  les instructeurs auraient été invités à prolonger leur séjour sous la section 5 du CEPSUM bien au-delà de ce qui leur a été accordé…

Chez l’autre équipe francophone nichée dans les vallons orientaux, la Corporation du Vert & Or a été claire l’an dernier, statuant qu’ils ambitionnaient héberger un match éliminatoire à domicile. D’ailleurs, les contrats de certains des assistants à coach Bolduc qui venaient à terme en 2011 n’ont été prolongés que pour une année, avec l’effet que TOUS les contrats des entraineurs du Vert & Or viendront à échéance à la fin de la saison 2012. Can you say`: « Épée de Damoclès »? Bien qu’on ne parle pas de championnat dans le cas de Sherby, la congestion au sommet, a engendré au fil des ans, une bataille âprement disputée pour le 2e rang qui ne leur a jamais permis de grimper cette marche.

L’exemple qui a suscité la création de ce billet est la démission de coach Blugh à Bishop’s. Bien que celle-ci soit mystérieuse, on a entendu parler des alumnis qui auraient mis de la pression et toutes sortes de rumeurs, mais tant qu’on ne sera pas le fin fond de l’histoire, tout demeure de la spéculation. Mais deux certitudes demeurent :
  • La défaite de 62-0 au PEPS en octobre a certainement contribué à la situation.

  • Leroy Blugh a soufflé 45 fois sur les bougies, et il serait étonnant qu’il évolue dans une autre sphère que dans le football, n’ayant fait que cela depuis qu’il est adolescent. Et on serait surpris de le voir revenir au Québec… De là à croire que le cul-de-sac provoqué par la dynastie de Laval a contribué à son départ, il n’y a qu’un pas…
Quant à ConU, on croit que coach McGrath est considéré comme un employé à temps plein régulier de l’institution (lire un fonctionnaire immuable), donc il n’a pas à vivre directement avec la pression de la victoire étant protégé par une solide convention collective propre à la fonction publique. Si on le remercie, on devra lui trouver un emploi équivalent, ailleurs à l’Université.

Pour la prestigieuse institution de l'autre côté de la montagne, disons que depuis quelques années, rejoindre Laval est vraiment trop ambitieux pour eux. Ils préfèrent s’en remettre à leur glorieux passé et à leurs exigences académiques élevées, se plaçant ainsi à l'abri de la pression de gagner.

Un excellent joueur qui a gradué du CEGEP cette année, Patrick McLennan (DL) a joué au football avec les Cougars de Champlain-Lennoxville, après avoir évolué avec les Cheetahs de Vanier en 2009. Dixit coach Sumarah de St Mary’s, Patrick a effectué beaucoup de recrutement pour sa future université auprès de ses coéquipiers et ex-coéquipiers anglophones, afin de les amener avec lui dans la patrie des Hallegoniens.

Son principal argument de persuasion pour appâter le finissant collégial anglophone? Pourquoi aller jouer pour une équipe qui ne finira jamais mieux qu’au 2e rang? Tu entreprends ton séjour universitaire avec la quasi-certitude de ne jamais remporter une Coupe Vanier. Tandis qu’en choisissant SMU, tu as une très bonne chance de remporter l’AUS, puis de te battre pour les Bowls. Tu pourrais même remporter la Vanier sans jamais avoir à battre le R & O (comme ils l’ont fait en 2001 et 2002, ou même en gagnant leur seul affrontement comme en 2007).

C’est avec de tels arguments qu’il a convaincu de très bons joueurs tels, K. Marchand-Wright, Marvin Golding, Anthony Boutet et Jesse Lacle de se joindre à lui pour leur avenir universitaire dans la péninsule de Chebucto.

On dit qu’au football universitaire, la clé du succès est la continuité. L'exemple tout indiqué est celui de Joe Paterno et sa 61e saison de coaching à Penn State. Mais avec les investissements des institutions, commanditaires et alumni dans les programmes de football universitaire québécois, et avouons-le, la patience effervescente des partisans combinés aux recrutements de plus en plus sans taches de Laval,  la pression envers les résultats des instructeurs-chefs n’est pas sur le point de s’estomper…